Haïti :Vers la création d’une école de métiers de l’eau

Haïti :Vers la création d’une école de métiers de l’eau
Vers la création d’une école de métiers de l’eau

Des cadres de la DINEPA, des universitaires, des responsables de la firme française Agro Paris Tech, entre autres, participent, les 10 et 11 novembre 2011, à Pétion-Ville, à deux journées d’ateliers sur la gestion de l’eau et de l’assainissement. Ces ateliers préfigurent à terme la création d’une école de métiers de l’eau en Haïti, dont les premiers financements ont été débloqués par la France à hauteur de 700 000 euros pour son lancement.

Haïti: Implanter une grande école de métiers de l’eau en Haïti, c’est le rêve de la Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement (DINEPA), qui travaille déjà en collaboration avec la firme française Agro Paris Tech à ce sujet. Une telle initiative, selon les responsables, servira à la formation continue des cadres de la DINEPA et d’autres jeunes qui seront recrutés. Mais, selon les responsables, il va d’abord y avoir une phase d’étude pour savoir où cette école va être implantée.

En attendant la réalisation de ce projet, des cadres, des universitaires , des ingénieurs et des responsables d’institutions travaillant dans le secteur de l’eau en Haïti et à l’étranger participent pour la première fois à deux « Journées techniques de l’eau » à l’hôtel Les Palmes à Pétion-Ville, les jeudi 10 et vendredi 11 novembre. Une préfiguration qui permet d’amorcer tout de suite la création de cette école de métiers de l’eau.

« Nous avons un problème extrêmement grave en Haïti: trouver des personnes formées dans le domaine de l’eau. Il n’y a aucune école spécialisée en la matière. Nous espérons d’ici à trois ans que nous aboutirons à la construction d’une grande école de l’eau en Haïti », a déclaré le directeur de la DINEPA, Gérald Jean-Baptiste.

« Nous aurons plusieurs modules de formation adaptée aux besoins, et cela va se faire de façon progressive », a ajouté M. Jean-Baptiste, soulignant qu’il y a déjà une formation en cours avec l’appui d’Agro Paris Tech et de l’Université d’Etat d’Haïti.

De son côté, l’ambassadeur de France à Port-auPrince, Didier Le Bret,- qui coordonne les ateliers avec le directeur de la DINEPA -, estime que les problèmes de l’eau sont des enjeux planétaires. Car, révèle-t-il, il y a un milliard de personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable dans le monde, et huit millions d’autres meurent chaque année de maladies liées à l’eau ou à une insuffisance d’eau.

« Il y a un gros défi pour Haïti. Pour la région métropolitaine, il y a un sujet majeur d’inquiétude: c’est que la moitié de l’eau fournie aux populations provient de la plaine du Cul-de-Sac. Aujourd’hui, il y a de grandes inquiétudes sur la qualité de la nappe phréatique qui est exploitée de manière anarchique », a indiqué le diplomate français.

En 1920, a rappelé M. Le Bret, au Cap-Haïtien (nord du pays), tout le monde avait de l’eau dans leurs robinets. « Aujourd’hui, il n’y a plus d’ eau courante: l’eau de la ville qui provient des sources n’existe quasiment plus. La prise en charge se fait par des micro-opérateurs privés sous forme de citernes qui livrent l’eau aux usagers ou vendue en détail », regrette l’ambassadeur de la France, qui croit qu’il faut éviter « une catastrophe écologique majeure ».

Pour sa part, Laurent Rosso, directeur adjoint de la firme française Agro Paris Tech – qui développe des formations pour des techniciens, des ingénieurs spécialisés dans la gestion de l’eau -, croit que tout dépend des Haïtiens. « L’avenir a la capacité de vous fournir régulièrement de l’eau de qualité et assainie, mais cela dépend de vous [Haïtiens], de votre capacité à former des personnes dans le domaine », a avancé M. Rosso.

Par ailleurs, faute de ressources financières, la DINEPA a annoncé la fin de la distribution de l’eau dans 17 camps de déplacés à Port-au-Prince. Une mesure qui sera effective à partir du 30 novembre 2011. Toutefois, M. Gérald Jean-Baptiste assure que l’institution continuera à desservir les différents quartiers alimentés par le réseau.

Valéry DAUDIER
vdaudier@lenouvelliste.com

Les commentaires sont fermés