Au large des Caraïbes, une petite flottille de voiliers trace une autre voie. Loin des cargos, des moteurs et des solutions technologiques complexes, la Low Tech Armada transporte des outils, des matériaux et surtout des savoir-faire vers des îles isolées et vulnérables. À bord, des marins, artisans et bricoleurs engagés partagent une conviction simple : l’autonomie se construit avec des solutions accessibles, réparables et adaptées aux réalités locales.

C’est à l’Île-à-Vache, au sud d’Haïti, que cette aventure prend aujourd’hui vie. Sur cette île sans électricité ni eau courante, un atelier communautaire low-tech est devenu un lieu de transmission, de création et d’entraide. Couture, menuiserie, réparation, fabrication d’outils à pédales : ici, les habitants réapprennent à fabriquer et réparer eux-mêmes, tout en développant de nouvelles sources de revenus.

Entre solidarité maritime, réemploi et savoir-faire traditionnels, la Low Tech Armada expérimente une manière concrète de construire des communautés plus autonomes, résilientes et durables — par la communauté, pour la communauté.

Terres des Îles et d’Espérance cofondé par René Le Mauguen offre cet article à Emma et Hugo, de la Low Tech Armada, afin de mettre en lumière leur superbe mission.

Low Tech Armada: qui sommes-nous ? 

Crédit photo : Constance Audiffren

 

La Low Tech Armada, est une flottille de voiliers qui collecte du matériel et l’achemine vers des îles isolées et vulnérables des Caraïbes. Nous sommes un réseau de marins et bricoleurs engagés pour apporter davantage d’autonomie aux populations qui en ont le plus besoin. Propulsés par le vent, nous visons à construire des solutions simples, réparables, sobres en carbone et autonomes en énergie.

La Low Tech Armada a été fondé par Emma, militante écologiste et fondatrice de plusieurs associations en France et Hugo, ancien scientifique, bricoleur polyvalent, expert du réemploi et marin. Ils vivent et naviguent dans les Caraïbes à bord de leur voilier et compagnon d’aventure Fuega.

Nous réalisons actuellement notre première mission à l’île-à-vache en Haïti, une île sans électricité ni eau courante avec très peu d’outils et de matériaux disponibles. Contrairement à ce que l’on peut entendre au sujet d’Haïti, l’île est paisible. 

Encore épargnée d’une partie de l’emprise du consumérisme, cette petite île conserve un certain niveau d’indépendance qui laisse beaucoup de place aux initiatives locales. C’est pourquoi nous pensons que l’Île-à-Vache est un lieu idéal pour co-créer et expérimenter une société low-tech, avec et pour la population locale.

 

Un atelier low-tech communautaire pour créer des micro-économies et construire l’autonomie

 

Nous avons créé un atelier communautaire où les habitants peuvent apprendre des savoir-faire traditionnels, construire des solutions low-tech et réparer leurs propres objets.

Les solutions low-tech fonctionnent sans électricité ni moteurs, sont faciles à construire et réparer et sont fabriquées à partir de matériaux locaux.

L’objectif est d’aider les jeunes à apprendre, travailler pour eux-mêmes et générer de petits revenus.

Pour soutenir cet apprentissage, nous rémunérons des artisans locaux afin qu’ils donnent des cours chaque semaine dans l’atelier. Ces cours incluent la couture, la menuiserie, ainsi que la production d’objets du quotidien comme des chaussures, des balais et d’autres objets utiles.

Nous avons une machine à coudre à pédale et une petite promotion d’élèves qui se forment pour devenir couturier. Nous faisons aussi de la découpe et couture de voiles pour les pêcheurs et bateaux de transport. 

Les cours de menuiserie se font principalement avec des outils low tech qui ne nécessite pas d’électricité : scie, marteau, vilebrequin, clou, rabot. 

Les jeunes peuvent aussi construire des solutions low-tech avec nous. Par exemple, des machines à pédales pour moudre le maïs ou mixer des fruits, et ensuite proposer ce service aux habitants afin de générer un revenu direct et durable.

L’atelier vise également à réduire la dépendance à l’aide extérieure et au secteur touristique, qui est très instable dans le contexte actuel du pays.

 

Une boutique pour les pêcheurs et pour financer l’atelier

Crédit photo : Constance Audiffren

 

La pêche est la principale ressource économique de l’île mais le matériel des pêcheurs est en très mauvais état, parfois même inutilisable. 

Alors à côté de l’atelier, nous avons monté une boutique approvisionnée par les voiliers de la Low Tech Armada. Ils apportent du matériel acheté ou collecté grâce à des dons, principalement des voiles, des cordes, des masques. 

Ce matériel est vendu aux pêcheurs à bas prix afin que tous puissent y accéder.

L’intégralité de l’argent de la boutique est directement reversée à l’atelier, cela permet de payer le loyer, les professeurs et les outils. 

 

Par la communauté, pour la communauté

L’atelier est situé au centre du village, sur la plage, un lieu de rassemblement des habitants.

Les vacheois (habitants de l’île-à-vache) sont impliqués dans le projet et un comité de 4 d’entre eux assure la gestion de l’atelier et de la boutique depuis le début du projet. 

Nous souhaitons tout réaliser en partant des besoins des habitants et en utilisant ce qui existe déjà ici. Les solutions low-tech existent déjà, mais dans un monde de plus en plus hi-tech, elles ne sont plus assez valorisées, notamment auprès des jeunes. C’est pourquoi nous soutenons les artisans locaux dans leurs projets et les rémunérons pour qu’ils donnent des cours aux jeunes. 

 

Rejoindre ou soutenir la Low Tech Armada

Vous pouvez prendre part à la Low Tech Armada de différentes manières : 

Contactez-nous : lowtecharmada@gmail.com

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